Douglas B 26 Marauder

Le Douglas A-26 Invader (qui devint par un changement de dénomination de l'USAF, B-26 entre 1948-1965) était un bombardier léger bimoteur construit par Douglas Aircraft. Il avait participé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la Guerre de Corée, à la Guerre d'Indochine. Il n'est donc pas étonnant que pour être en mesure d'assurer pleinement les missions qui lui incombent en Afrique du Nord, l'Armée de l'Air française ait décidé de se doter à l'automne 1956 de deux groupes de bombardement équipés de Douglas B-26, appareils alors disponibles sur le marché des surplus américains depuis la fin de la Guerre de Corée. Le 1er septembre 1956, le Groupe de Bombardement 1/91 "Gascogne" est créé, suivi trois mois plus tard par le GB 2/91 "Guyenne". Le "Guyenne" s'est installé sur la base aérienne d'Oran La Sénia alors que le "Gascogne" s'implantait dans l'Est Algérien, à Bône. Durant la Guerre d'Indochine, trois Groupes de Bombardement dotés de B-26 ont déjà pris part aux combats, notamment à la bataille de Diên-Biên-Phû durant le premier semestre 1954. Il s'agissait des GB 1/19 "Gascogne", 1/25 "Tunisie" puis du 1/91 "Maroc", ce dernier n'ayant pratiquement pas été engagé du fait de sa création tardive. Le Douglas B-26 Invader était lors de sa conception un bombardier d'assaut bimoteur à train tricycle, qu'il ne faut pas confondre avec le B-26 "Marauder", utilisé par de nombreux groupes de bombardements français à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sur lequel s'illustrèrent de nombreux équipages des Forces Aériennes Françaises Libres. Durant la Guerre d'Algérie, trois versions équipent les deux groupes :
- Le B-26 B Straffer est conçu pour l'attaque au sol, avec douze ou quatorze mitrailleuses de 12,7 mm dans le nez et dans les ailes.
- Le B-26 C Leader, au nez vitré, est une version de bombardement en vol horizontal muni d'un viseur à synchronisation Norden, utilisable uniquement par ciel clair et bonne visibilité. Il est armé de six mitrailleuses de 12,7 mm dans les ailes.
Ces deux versions comportent également une à deux tourelles arrières, portant chacune deux mitrailleuses jumelées de même calibre, très utiles pour rendre l'avion moins vulnérable lors de passes de tir à basse altitude. Ils peuvent emporter deux tonnes de bombes dans la soute, ainsi que huit roquettes sous les plans.
- Une troisième version, le RB-26, est destinée à la reconnaissance. Le B-26 "Reco" emporte dans le nez vitré et dans sa soute une batterie d'appareils de photographie aérienne pour des prises de vues verticales, latérales et obliques. Il peut, en outre, être armé de quatre mitrailleuses sous les plans. Administrativement, les B-26 "Reco" sont regroupés au sein d'une escadrille baptisée "Armagnac". En pratique, quatre appareils de ce type s'ajoutent aux seize bombardiers dont sont déjà dotés chacun des deux groupes de bombardement.
La vitesse du B-26 varie de 350 à 400 km/h, suivant les régimes adoptés et les chargements. Équipé de ses réservoirs normaux (900 gallons, environ 3 500 litres), il possède en vol en formation un rayon d'action tactique de 600 kilomètres, compte tenu du rassemblement de vingt minutes au régime de combat sur l'objectif et d'une marge de sécurité pour l'atterrissage.
En avion isolé et en régime économique, le B-26 peut intervenir jusqu'à 800 kilomètres de sa base, à condition qu'on ne lui demande pas de patienter sur l'objectif.
Il est équipé de deux moteurs Pratt et Whitney R 2800 de 2 000 chevaux avec des hélices Hamilton Standard Hydromatic, tri-pales, à vitesse constante. Grâce à ses ailes à profil laminaire, le B-26 atteint de grandes vitesses en piqué : environ 684 km/h.
Durant la Guerre d'Algérie, la première opération dans laquelle un nombre important de B-26 a été mis en œuvre, s'est déroulée le 15 mars 1957 dans le Nord-Constantinois, où douze appareils sont intervenus dans la forêt de Movis afin de détruire des mechtas abritant des moudjahidines et leur chef.
Les B-26 seront par la suite de tous les combats, des sables de la région de Timimoun au nord du Sahara, jusqu'au delà de la frontière algéro-tunisienne où ils interviendront le 8 février 1958, lors du célèbre raid de Sakhiet (village côté Tunisien), qui aura un retentissement international.
Le bon rapport puissance/ masse lui donnait une vitesse ascensionnelle élevée qui, jointe à une excellente maniabilité, lui permet de faire jeu égal en combat avec les chasseurs à hélice de sa génération. Ses deux missions principales sont le bombardement horizontal qui s'exécute selon des règles strictes, et l'assaut dans lequel il excellera en Algérie grâce à son blindage, la variété de son armement et la quantité des mitrailleuses, même si son poids (15 tonnes en charge) lui fait perdre rapidement de sa vitesse au cours des ressources. Il peut ainsi traiter des objectifs variés, allant de troupes au sol aux véhicules d'un convoi, voire même les bâtiments de cantonnements.
Son équipage se compose d'un pilote, d'un navigateur-bombardier et d'un mécanicien-mitrailleur arrière, pouvant manœuvrer une tourelle supérieure à deux mitrailleuses.

© Jacques Moulin 2008

Caractéristiques:
Envergure: 21,34 m ; Longueur :15,24 m ; Hauteur : 5,64 m ; Poids maximum au décollage: 16 tonnes ;
Vitesse maxi à 4 500 m : 570 km/h ; Plafond pratique : 6 700 m ; Armement de base: 10 mitrailleuses de 12,7 mm, six dans le nez, deux dans chacune des tourelles et jusqu'à 1 800 kg de bombes en soutes.

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