Lockeed L 749- A79
"CONSTELLATION"

Bien que n'étant pas un avion d'armes, le L-749 Constellation a été présent pendant toute la durée du conflit d'AFN. Présence très discrète.
Il ne fréquentait à cause de sa taille, que les terrains dotés d'une piste en dur et assez longue.
Ceux d'entre nous qui ont eu la chance de l'observer au sol ou en vol en Algérie sont donc assez rares.
Mis à part bien sûr ceux qui l'ont servi. Il était affecté à l'EARS 99 (Escadrille Aérienne de Recherche Sauvetage) pour assurer les missions de SAR (Search and Rescue : en Français Recherche et sauvetage).
Son port d'attache était la base aérienne de Toulouse Francazal et il était détaché sur la BA Alger Maison-Blanche.
De construction américaine, tout métal, il était à sa conception, destiné à une carrière militaire. À la suite de nombreuses modifications, il est orienté vers une utilisation civile.
Il est considéré comme le "chef de file" d'une longue lignée d'avions longs courriers dignes de ce nom alliant vitesse et confort dans les années 1945 à 1960. Arrivée du L 749 dans l'Armée Avec l'augmentation du trafic aérien, civil et militaire, a été confiée à l'Armée de l'Air la mission de sauvetage et de recherche, au sol comme en mer, à la suite d'accidents. Plusieurs avions sont utilisés.
En 1957 les Marcel Bloch 161 "Languedoc" arrivent en bout de potentiel et sont de moins en moins fiables pour assurer les missions SAR.
Le moment était venu de leur trouver un remplaçant pour ce travail aérien spécial, assuré conjointement par le Secrétariat Général Aviation Civile Commerciale (SGACC), pour le matériel, et par l'Armée de l'Air, pour le personnel navigant là réalisation et le contrôle des opérations de recherche.
Le SGACC a, entre autres, un œil sur tout le matériel volant civil. Il suit l'évolution du parc avions des compagnies aériennes françaises.
Étant donc confirmé que la compagnie Air France, suite à l'arrivée des premiers réacteurs, voulait se séparer de ses L-749, le SGACC fît une offre de rachat d'un certain nombre de ceux-ci.
Ce sont donc 7 avions qui sont rachetés pour être affectés à l'Armée de l'Air. Les 7 avions garderont leur immatriculation civile.
Des pilotes de transport de l'armée vont en "transfo" chez Air France, qui assurera l'entretien des L 749.
Pour les besoins de la réalisation de cette nouvelle mission, des modifications sont nécessaires. Les plus visibles sont:
A l'extérieur:
- Création de 4 postes d'observation vers le bas, soit "4 bulles", deux à droite et deux à gauche du fuselage ; une à l'avant près du poste de pilotage ; une à l'arrière après la porte d'accès à la cabine passagers.
- Création d'une trappe de largage pour tout le matériel de survie et de secours
- Effaçage des marques de la compagnie Air France.
A l'intérieur :
À l'exception de l'aménagement 1ère classe qui est conservé, tout le reste est démonté afin de laisser la place à tout le matériel de secours.
Tant sur la terre qu'en mer, les missions étaient très longues. Souvent, deux avions étaient nécessaires pour couvrir la zone dans laquelle avait eu lieu l'accident.
Les équipages effectuaient un ratissage "en carré" de 1500 mètres environ de côté. Le travail du navigateur était alors très précis.
Les 4 observateurs, en liaison radio interne avec le pilote, effectuaient une surveillance accrue du sol ou de la mer.
Il était souvent demandé de revenir sur un point particulier puis de reprendre le ratissage en quadrilatère.
De nombreuses opérations SAR se sont ainsi déroulées au-dessus de l'Algérie et du Sahara :
- avions posés avec plus ou moins de dégâts ;
- convois ou véhicules isolés et égarés dans le désert ;
- crash d'avions mortels ;
- naufrages en Méditerranée;
- recherche des marins tombés à la mer.
Après l'indépendance, elles consistaient principalement en l'escorte d'avions monomoteurs vers la France sur les trajets Bône - côtes de Sardaigne - Ajaccio, Cap Cannarat ou Oran - Alicante.
Toutes les opérations étaient dirigées depuis le sol par un CCS (Centre Coordination Sauvetage) situé sur là BA 146 La Reghaia (SDA913); capitaine Boudet, sergent Tauran, sergent Pasquet.
Les Constellations pouvaient également venir se mettre en alerte à Oran, Bône, Alger, Ouargla, El Goléa, Colomb Béchar...
Les 7 L 749 passés d'Air France à l'EARS 99 : F-BAZJ n° 2514, F-BAZM n° 2545, F-BAZO n° 2547, F-BAZP n° 2550, F-BAZT n° 2629, F-BAZV n° 2526, F-BAZY n° 2528.
Pendant les opérations SART, les avions n'utilisaient pas leur immatriculation civile complète. Après la lettre F, les lettres B et À étaient remplacées par S et S (ex. F-ABZM = F-ASSZM).
Un de ces L 749 avait été remonté et exposé au bord de la RN 74 Beaune/Dijon, dans la pelouse d'un hôtel. Sur décision préfectorale, l'ordre fut donné de le démonter et de le ferrailler. L'avion était, parait-il, trop peu esthétique !...

© Jean-Claude Serret 2009 Publié avec l'autorisation de l'Auteur.

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