Le T 6
Auteur Jacques Moulin,Vice président du comité FNACA de Bron (Rhône);
Correspondant de diverses publications nationales("Air Fan"," le Fana de l'aviation","Jets","Avions, "Aviation Française Magasine", etc.)
Publications"Les Autogires Le OC30", "Le Loire 46", "Le Bloch 174".

Texte et photo pris sur le journal l'Ancien d'Algérie: Février 2007

Les Nord Américan A T-6 «Texan» sont certainement les avions les plus connus de toute la campagne d'Algérie.
Au départ, le T-6 était un avion d'entraînement «basic», ce qui explique sa couleur jaune.Cette couleur bien visible, était choisie pour éviter les col-lisions, en rendant les appa-reils plus visibles. Certains, livrés plus tard, ont volé avec une livrée métal naturel.
Les premiers appareils reçus par la France étaient des appareils de surplus, 119 T-6 D et plus tard arriveront 693 T-6 G, plus diverses autres versions (81 Harvard et 56 SNJ-4).
Les Harvard étaient la version destinée à la Grande-Bretagne et les SNJ une version destinée à la marine, avec, pour certains, une crosse destinée à l'utilisation sur Porte-avions.
Les livraisons seront effectuées en deux temps. Les premiers avions livrés le furent au titre du Plan d'aide mutuelle (PAM ou MDAP), dans le cadre du Traité de l'Atlantique Nord.
Ces appareils furent utilisés en école. Les seconds furent commandés aux USA pour les opérations en Algérie. Mais avant l'arrivée du deuxième lot, les avions-écoles furent transférés en Algérie dans des unités combattantes.
Les premiers arriveront en 1951, donc avant le début «des événements», et ils équiperont, entre autres, au Maroc les écoles de Marrakech et de Meknès. Ces appareils furent rapidement utilisés en grande quantité dans les opérations militaires.
De 1956 à 1959, les commandes passées aux USA porteraient sur près de sept cents T-6 G. La plus grande partie de ces avions armés est envoyée en Algérie, pour y équiper les escadrilles de l'aviation d'appui qui vient alors d'être créée.
Ils compléteront la flotte, avant de remplacer, peu à peu, les Morane Saulnier 733 «Alcyon», les Sipa L et 21 et même les Morane «Vanneau». Les T-6 seront utilisés en opération à partir de 1956.
Ces appareils, normalement sans armement, seront armés principalement de pods, avec deux mitrailleuses AA 52, et de lance-roquettes, principalement des Tercé T 10. Ces modifications ont été réalisées à Ambérieu (Ain).
Mais ces appareils étaient sous motorisés. Ils possédaient donc, soit un rayon d'action ou un temps de vol réduit, soit des charges militaires réduites. C'est pour cela que la France commanda d'autres appareils de surplus aux USA mais en bien plus faible quantité. Nous les verrons plus tard. Même avec ce handicap, ces appareils étaient alors les mieux adaptés à ces missions d'appui feu. Les T-6 G équiperont la majorité des EALA en Algérie, soit les EALA n°1 à 21/72 et n° 1 à 5/73.Il est à noter que ces unités changeront parfois de nom.
Le T-6 va devenir célèbre en Algérie. Combien de postes attaqués, de convois tombés dans une embuscade doivent leur salut à l'aide rapide des T-6. Après le cessez-le-feu, les avions seront rapatriés en métropole, certains seront fournis à l'Espagne et au Portugal, qui continuaient des guerres coloniales.
Après 1981, date de leur retrait de l'aviation espagnole, certains de ces avions reviendront en France, où vous pouvez parfois les voir évoluer dans les meetings, pilotés par des fanatiques de la conservation du patrimoine aéronautique, volant parfois avec les décorations qui furent les leurs pendant la Guerre d'Algérie.

Jacques Moulin
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