Le NORD 2501
ou

"NORD ATLAS"

Le Nord 2501 «Noratlas», est un des appareils de transport militaire les plus connus de notre période. Sa fabrication, de 1954 à 1962, correspond exactement à la période de la Guerre d'Algérie. En 1947 le parc d'avions de transport était essentiellement composé de DC 3 «Dakota» livrés par les Américains et de Junkers 52 «Tante Ju», fabriqués en France mais d'origine allemande. Donc, pour remédier à cela, l'Etat émit un programme d'avions de transport auprès des constructeurs français, qui étaient nombreux à l'époque, pour un avion de transport à tout faire avec une soute permettant aussi bien le transport et les largages de parachutistes, le transport de fret ou de passagers, et même le remorquage de planeurs de transport. C'est le modèle présenté par la Société Nationale de Construction Aéronautique du Nord (SNCAN) qui obtint le marché pour son type 2500, appareil à deux queues, ce qui permettait l'ouverture du fuselage à l'arrière, aussi bien pour charger que pour larguer les charges ou les parachutistes. Le premier avion était prévu avec un moteur français qui ne put être mis au point, la France traînait un retard non rattrapable dans les moteurs à piston de forte puissance. Le nom «Noratlas» fut donné par la SNCAN qui baptisait tous ses avions avec un nom commençant par Nor. Nous avons aussi «Norazur», «Noralpha», «Norvigie», «Noroit», etc.
La version la plus construite et la plus utilisée fut donc le Nord 2501, équipé de moteurs britanniques, construits sous licence par la SNECMA, des Bristol Hercules de 2 000 CV. Cette version fit son premier vol le 28 novembre 1950. La première commande officielle fut passée en juillet 1951 pour 160 appareils. Finalement un total de 208 appareils fut utilisé par l'Armée de l'Air pour les transports militaires. II est à noter que plus de 180 appareils furent livrés ou construits en Allemagne sous licence pour la Luftwaffe (Armée de l'Air Allemande). D'autres pays utilisèrent aussi cet appareil dont le Portugal, pour ses propres guerres coloniales. Un certain nombre , d'appareils fut aussi utilise pour le transport de passagers, notamment sous les couleurs d'Air Algérie.
Pour mémoire, c'est sur le prototype Nord 2501 n° 02 que, le 6 juillet 1952, Maryse Bastié fut victime à Bron d'un accident mortel, dont je fus hélas le témoin.
Les premiers appareils de série seront livrés à partir de début 1954, mais ne seront réceptionnés en unités qu'en 1955. Le dernier avion sera, lui, livré en février 1962... De nombreuses versions furent dérivées du «Noratlas», en particulier une version de guerre électronique qui fut utilisée à Metz jusqu'à son remplacement par des C 160 «Transall». Il fut utilisé en Algérie dans tous types de transports ou de largages, sur tous les terrains, par plusieurs types d'unités, notamment le S/GMMTA (Sous Groupement des Moyens Militaires de Transport Aérien) qui fut créé en Algérie le 1er avril 1955. Il comprend à ses débuts le GT 1/62 «Algérie» basé à Alger Maison Blanche, puis le 2/62 «Anjou» qui arrive d'Indochine. En mars 1956 est créé le 3/62 «Sahara». A la fin des opérations en Algérie ce S/GMMTA est dissous, et les unités redeviennent celles du temps de paix, c'est-à-dire les 61 éme et 62 éme escadres de transport. Nombreux sont ceux qui furent soit transportés, soit largués, de ces appareils. De nombreux rapatriements sanitaires furent aussi réalisés avec ces avions. Comme il s'agissait d'un appareil militaire, avec des moteurs à pistons 14 cylindres à double étoile, conçu principalement pour des usages militaires, ce n'était pas un modèle de confort pour les passagers. Ses moteurs donnaient une puissance unitaire de 2 068 CV au décollage et 1 120 CV en vitesse de croisière. Sa vitesse maximum était de 406 km/h et sa vitesse de croisière était de 315 km/h, avec un rayon d'action de 2 900 à 4 000 km, suivant la charge utile emportée. Les Nord 2501 «Noratlas» ou «La grise», son surnom officieux dans l'Armée de l'Air, termina sa carrière bien remplie en 1990, soit quarante ans après le 1er vol de son prototype. Sans remplaçant à cette époque, il fut, par la suite et encore maintenant, remplacé au Groupe «Vercors» par des Casa CN 235, qui ont les mêmes possibilités de charge. Un appareil soigneusement restauré et entretenu par des bénévoles vole encore, et de nombreux appareils sont conservés dans divers musées ou réserves, dont au moins trois à Dugny l'autre côté de l'aérodrome du Bourget). Un aussi sur le terrain d'Orléans-Bricy qui fut son dernier point d'attache et au moins deux sur le terrain de stockage de Châteaudun.

Jacques Moulin.

Un livre étudie cet appareil "Le Noratlas" de Xavier Capy aux éditions Escale.

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