Nous avions parlé il y a quelques mois des hélicoptères H 34, voilà ce que nous en disions: "Conçu pour répondre à une demande émanant de l'US Navy, le SikorskyS-58, hélicoptère de lutte anti sous-marine, vola pour la première fois le 8 mars 1954. Doté d'un moteur en étoile Wright R 1820-84 (moteur d'avion monté à 45°) situé dans le nez, d'un rotor quadripales et d'une structure de fuselage beaucoup plus résistante que celle du S-55 qui l'avait précédé, cet hélicoptère intéressa d'emblée l'USArmy qui reçut les premiers exemplaires d'une version de transport, le H 34, en avril 1955".
Rapidement, l'utilisation comme appareils de transport de troupe entraîna le commandement à regarder les possibilités d'armements de ces appareils. Seul le Sikorsky H 34 était assez puissant et avait une possibilité d'emport d'armement suffisante pour être transformé en appareil d'attaque et d'appui. Une version armée fut donc rapidement étudiée par différentes unités utilisatrices, et de nombreux essais furent réalisés avant de trouver un armement pas trop lourd, pas trop encombrant, mais permettant quand même à l'appareil une puissance de feu intéressante. Divers essais furent prévus, mitrailleuses de 30, de 50 (armes bien connues de tous les anciens) ou, parfois, de MG 151 de diamètre 15,1 m/m (arme d'origine allemande) ou avec le canon MG 151 de 20 m/m qui en était directement dérivé (toujours d'origine allemande). Ce canon était en fait celui qui équipait les avions Messerschmitt Bf 109 pendant la guerre. Les résultats des essais ne furent pas tous satisfaisants. Pour ce qui concerne les armes "opérationnelles" sur H-34, les armes axiales alourdissaient trop la machine, c'est pour cela qu'on les a abandonnées. Le premier affût canon conçu à I'EH-2 était constitué par un châssis tubulaire, qui ne comportait pas de dispositif d'amortissement. Il a été remplacé très rapidement par l'affût "Marine", affût développé par les marins pour un montage sur leur version du H 34 : le SikorskyHSS. Cet affût était doté d'une plaque d'inertie et d'un système de frein de recul. La configuration initiale comportait le canon à la porte-cargo et une mitrailleuse de 50/100 de pouces en sabord arrière droit. Ensuite, pour permettre le feu lors des reprises d'axe à l'issue des orbites à droite, on a fait ajouter une puis deux 50 en sabords à gauche. Mais cette configuration limitait trop la capacité d'emport de munitions. Il est possible que parfois l'on ait utilisé seulement une 50 et le canon, ou le canon seul. Pour ce qui est de officialisation des modifications tenant au canon MG151, l'étude a été réalisée par la CEPA (Commission essais de la Marine basé à Saint-Raphaël) et des affûts ont été industrialisés sous le logo "GHAN-60". Ces affûts ont été montés ensuite sur des H-34 Pirate comme sur des HSS. Il semble qu'en plus de l'EH 2 (escadron d'hélicoptère n°2) les autres escadrons équipés de "Pirate" furent les EH 1 d'Alger et EH 3 de la Boufarik.

Photos Marcel Gajac

Un système d'emport de bombes a été également essayé sur H 34 par l'AA à la 22 EH d'Oran, sous !e commandement du Colonel Brunet ; accrochage des bombes à un cadre fixé aux attaches de sling ; le système de visée très particulier était fait de tiges en corde à piano et billes de couleurs. Autre système de largage un peu folkio : rampe inclinée installée au niveau de la porte cargo avec une trappe commandée manuellement. En plus du canon de 20 sur son "pot de fleurs" au droit de la porte cargo et des mitrailleuses de sabord aux fenêtres gauche et droite, des tubes LRAC assemblés sur un bâti en bois, puis des paniers SNEB (un peu plus sérieux) avaient été installés sous le bâti support de treuil mais seulement pour des expérimentations. Au final, seuls ont été conservés le canon et les mitrailleuses. Il semble que souvent une des deux mitrailleuses de droite ait été supprimée. Ces installations ont fait l'objet de modifications officielles appliquées sur Ses H 34 Pirate. Certains HSS de l'Aéronautique Navale ont également été aménagés de façon sensiblement identique. En plus du canon, l'armement était parfois complété par deux supports latéraux équipés chacun de 2 fois 3 ou 4 tubes de LRAC (105 m/m à priori), plus, à gauche, un panier SNEB (65 m/m). Plusieurs publications indiquent que les tireurs étaient des commandos de l'air, mais plusieurs témoignages d'anciens tireurs dont deux membres de la FNACA, nous laissent penser que les tireurs étaient en très grande partie des appelés du contingent. La formation de ces tireurs se faisait sur la base de Caen Carpiquet siège de la DIOM (Division d'Instruction des Observateurs Mitrailleurs). Trois mois de stages partagés entre l'instruction militaire, les cours spécifiquement aéronautiques (navigation, météo). L'entraînement, principalement effectué sur des avions, préparait les hommes aux fonctions observateurs en tireurs canons ou mitrailleuses... Les témoignages confirment que les appareils utilisés normalement étaient équipés d'un canon MG 131, placé sur la porte droite de l'appareil, et de deux ou trois mitrailleuses de 12,7 m/m (50 ou 50/100 de pouce). Une à droite et deux à gauche. Les appareils étaient en contact avec les troupes au so! et les avions volants dans les zones grâce à un équipement radio important ; VHF, UHF et SCR 300.
Evidemment, le vol porte ouverte, s'il était agréable lors des vols l'été, l'était nettement moins l'hiver, rien n'était prévu pour la protection au froid des mitrailleurs-canonniers. Les missions de ces "Pirates" étaient la protection des hélicos transport, la protection de convois, l'aide à la récupération des pilotes accidentés en campagne. Cette activité vient d'être reprise par le "Caracal" d'Eurocopter dans les armées françaises (Marine, Armée de l'Air et Armée de terre). La mission est maintenant appelée "Resco" pour recherche et secours au combat. En plus de ces missions "spéciales", les autres missions étaient la reconnaissance à vue, la connaissance de DZ (Droppiniy Zone : zone d'atterrissage), la protection d'héliportage, l'appui-feu, etc. Certains témoignages font état des opérations de "chasse"avec récupération de sanglier ou de gazelle tués parfois à la mitrailleuse.

Jacques Moulin

NB : cet article n'a pu être écrit que grâce à Marcel Gajac, ancien canonnier sur H 34 et adhérent de la FNACA.
Caractéristiques des armements
Canon Mauser MG 151/20
C'était un canon d'origine Mauser dérivé d'une mitrailleuse de 15,1 m/m d'où son nom. !i s'agissait d'une arme légère, déve-loppée pour l'aviation, d'un poids de 42 kg. L'arme est alimentée par des bandes d'obus agrafés. Longueur de l'arme montée 1,76 m ; vitesses initiales 705 m/s ; Cadence théorique 700 coups minute ; portée de tir (théorique) 7 000 mètres ; portée efficace de tir : 1 500 à 2 000 mètres.
Mitrailleuse Browning calibre 50 ou 12,7 m/m
Arme à culasse calée tirant des bandes continues de cartouches de 12,7 m/m d'un poids de 28 kg pour sa version aéronautique. Ces mitrailleuses étaient partout en AFN, Avions (P 47), Blindés- Vitesses initiales 850 m/s ; cadence théorique de tir 1 000 coups/minute ; durée théorique de tir continue 80 cartouches ; portée théoriaue de tir 7000 rn ; portée efficace de tir 1 200 à | 1500 mètres. "

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